Diapositive 1 - Institut Français De L'education

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LECTURE-APPRENTISSAGE: Identification des mots et comprhension Des valuations nationales et internationales aux tudes de sciences cognitives BILAN DE 30 ANS DE RECHERCHES INRP 6 dcembre 2007 Liliane Sprenger-Charolles LPP CNRS et Paris-Descartes PLAN ENQUETES NATIONALES ET INTERNATIONALES Comprhension en lecture Comprhension crite, orale et identification des mots APPRENTISSAGE DE LA LECTURE: APPROCHES COGNITIVES Les automatismes: du comportemental la neuro-imagerie Incidence de la transparence de lorthographe Importance de la procdure phonologique de lecture dans les dbuts de lapprentissage Place de la morphologie dans lapprentissage de la lecture Rle de la phonologie dans lapprentissage de la lecture

Rle des mthodes PARTIE I APPRENTISSAGE DE LA LECTURE: ENQUETES DE LA COMPREHENSION A LIDENTIFICATION DES MOTS ECRITS A. ENQUTES INTERNATIONALES: COMPREHENSION EN LECTURE 2 enqutes internationales + de 30 pays + de 200.000 lves de 9 et 14 ans IEA: Elley. How in the world do students read? The International Association for the Evaluation of Educational Achievement, 1992 (et PIRLS 2006) de 15 ans Knowledges and skills for life. First results from PISA 2000 et 2006, OECD, Paris, 2000 and 2003 OBJECTIFS: ex IAE-PIRLS Lobjectif premier de ltude est

dvaluer la comptence en lecture. Celle-ci est dfinie comme: laptitude comprendre et utiliser les formes du langage crit que requiert la socit ou qui sont importants pour lindividu. M o y e n n e In te rn a ltio n a le = 5 IEA-1992 (9 et 14 ans) PISA-OCDE-2000-2003 (15 ans) France Belgique Suisse Finlande 600 500 400 300

Ensemble 5% les plus faibles 9 ans (CM1) Ensemble 5% les plus faibles 14 ans (3me) 2000 2003 15 ans (2nd) - OCDE 2000 2003: pas de baisse significative pour la France - En 2003, la France est dans la moyenne de lOCDE, comme lAllemagne, lAutriche, la Norvge, la Suisse, les USA

Quelques biais-1: IEA-OCDE IEA 1992 et OCDE 2000-2003: prise en compte des redoublants Dans lenqute IEA, pas dans PISA, seuls les non redoublants ont t pris en compte 640 90% 90% 620 600 75% 580 560

540 50% 90% 520 500 25% 75% 10% 480 460 50% 440 420

400 25% 380 Les notes de 50% des non redoublants franais sont > 560, soit 60 points au dessus de la moyenne internationale Les notes de 75% des redoublants franais sont < 500 15 ans en 2nd G & T 15 ans en 3me (2000) 3 60 10%

Quelques biais-2: Les interprtations IEA-PIRLS 2006 L'Expresso du 31 Octobre 2007 L'enqute de 2001 avait dj montr une position mdiocre de la France. ???? Les propos de X. Darcos laissent penser que la position de la France a continu empirer depuis 2001. ???? OCDE-PISA 2000-2003 (et IEA-PIRLS 2000-1 2006-7): pas de baisse significative pour la France En 2003, la France est dans la moyenne de lOCDE, comme lAllemagne, lAutriche, PIRLS 2006: 20 des 40 pays 650 640 630 620 610 600 590 580 570 560

550 540 530 520 510 500 490 480 470 460 450 440 430 420 410 400 390 380 370 360 350 340 330 320 310

300 290 280 270 260 250 240 230 220 210 200 190 180 170 160 150 140 130 120 110 100 Moyenne Age en mois

France 10,9 ans 80% 10 ans 66% Quelques biais-3: IEA-PIRLS 2006 Age des enfants: 10 ans 8 et plus: Sude, Danemark, USA, Bulgarie (cite par le ministre) 10 ans et moins: France. Bilinguisme Plus de 75% ne parlent que la langue du test: Belgique (Flandre), Pays bas, Danemark, Angleterre Moins de 67% ne parlent que la langue du test: Belgique (Francophone), France A NOTER: DANS LENQUTE IEA de 1992, 91% DES ENFANTS PARLAIENT UNIQUEMENT FRANAIS LA MAISON (66% dans lenqute qui vient de sortir) IEA 1992: DIFFERENCE ENTRE CEUX QUI PARLAIENT UNIQUEMENT OU NON FRANCAIS A LA MAISON: 45 POINTS Les exclus

Plus de 6%: Bulgarie, Belgique (Fl), Danemark Moins de 4%: France La difficult des textes: voir Ronde de nuit pour les macareux Ronde de nuit pour les macareux Chaque anne, des oiseaux noirs et blancs au bec orange visitent lle islandaise de Heimaey. Ces oiseaux sont des macareux. On les appelle les clowns de la mer cause de leur bec de couleur vive et de leurs mouvements maladroits. En effet les macareux ne sont pas trs lgants au dcollage ni latterrissage tant donn leur corps trapu et leurs ailes courtes. Halla vit dans lle de Heimaey. Elle scrute le ciel tous les jours. Perche sur une haute falaise bien au-dessus de la mer, elle aperoit son premier macareux de la saison. Elle murmure le mot lundi , qui signifie macareux en islandais. Bientt le ciel sera rempli de ces oiseaux: des macareux, des macareux partout. Ils reviennent de leur hivernage en mer, rentrant sur lle dHalla et sur les les dsertes des alentours pour pondre et pour lever leurs poussins. Ces clowns de la mer reviennent dans les mmes terriers, anne aprs anne. Cest dailleurs la seule saison quils passent sur le rivage. Halla et ses amis montent sur les falaises pour observer les oiseaux. Ils voient les couples qui cognent leur bec en un bruyant tac-tact-tac . Bien labri dans les falaises, chaque couple prendra bientt soin dun uf. Quand les ufs des macareux seront clos, les parents rapporteront du poisson au nid pour nourrir les oisillons. Chaque oisillon deviendra un jeune macareux. La ronde de nuit aura

lieu quand tous les jeunes slanceront pour leur premier vol. Ces nuits l sont encore bien loin, mais Halla pense dj prparer quelques botes de carton pour eux. Pendant tout lt, les macareux adultes vont la pche et prennent soin de leurs petits. En aot, les premires fleurs ornent les terriers. Quand les fleurs sont toutes closent Halla sait que la ronde de nuit va bientt commencer. Les oisillons bien cachs sont devenus de jeunes macareux. Il est temps pour Halla et ses amis de sortir les botes et les lampes de poche pour la ronde de nuit de jeunes macareux. A partir de ce soir et pendant les deux semaines venir, les jeunes macareux senvolent pour leur hivernage en mer. Dans la noirceur de la nuit, les jeunes macareux quittent leurs abris pour leur premier vol. Il leur suffit de quelques battements dailes pour descendre des hautes falaises. La plupart des oiseaux amerrissent dans un grand claboussement et en tout scurit parce que la mer est en dessous. Dautres sont toutefois dsorients par les lumires du village, pensant peut tre que ce sont les reflets de la lune sur la mer. Chaque nuit, des centaines de jeunes macareux atterrissent maladroitement dans le village. Incapables de senvoler partir dun terrain plat, ils courent partout et tentent de se cacher. Halla et ses amis vont chaque nuit la recherche des jeunes macareux chous qui nont pas russi trouver la mer. Malheureusement, les chats et les chiens cherchent, eux aussi. Mme si les chats et les chiens ne les attrapent pas, les jeunes macareux risquent de se faire craser par les voitures et les camions. Les enfants doivent donc les trouver en premier. Ds vingt-deux heures, les rues de Heimaey sont pleines de vie et denfants aux aguets.

Halla et ses amis sempressent de secourir les jeunes macareux gars. Arms de lampe de poche, ils sillonnent le village, fouillant les coins sombres. Halla repre un jeune macareux. Elle court, le saisit et le met en scurit dans une bote de carton. Pendant deux semaines, tous les enfants de Heimaey feront la grasse matine pour rester dehors la nuit. Ils sauveront ainsi des milliers de jeunes oiseaux. Chaque nuit, Halla et ses amis emportent la maison les jeunes macareux retrouvs. Le jour suivant, le petit groupe descend sur la plage avec des botes pleines de jeunes macareux. Il est temps de librer les oiseaux. Halla relche le premier. Elle le tient bien haut pour quil shabitue battre des ailes. Puis, en le tenant confortablement dans ses mains elle le soulve dun mouvement rapide dans les airs et le relche au-dessus de leau, au-del du ressac. Le jeune macareux volette un peu avant de se poser sur leau dans un claboussement. Jour aprs jour les protgs dHalla barbotent et sloignent jusqu ce que la ronde de nuit des macareux soit termine pour une autre anne. Elle regarde les derniers sloigner pour lhivernage en mer et les salue de la main jusquau printemps prochain. Elle leur souhaite un bon voyage et crie Au revoir! Au revoir! . FIN Prendre le questionnaire QUESTIONNAIRE (40 minutes avec le texte) 1. Pourquoi les macareux sont-ils maladroits au dcollage et latterrissage?

parce quils vivent sur un sol glac? parce quils viennent rarement sur le rivage? parce quils passent du temps sur les hautes falaises? parce quils ont un corps trapu et de courtes ailes? 2. O les macareux passent lhiver? lintrieur des falaises? sur la plage? en mer? sur la glace? 3. Pourquoi les macareux viennent-ils sur lle? pour tre secourus? pour chercher de la nourriture? pour pondre des oeufs? pour apprendre voler? 4. Comment Halla sait-elle que les jeunes macareux vont bientt voler? les parents leur apporte du poisson? les fleurs sont toutes closent? les poussins sont cachs? lt vient de commencer? 5. Que se passe til pendant la nuit de la ronde des macareux? les couples de macareux se cognent les becs en bruyant tac-tac-tac? les jeunes macareux font leur premier vol? les ufs des macareux closent et les poussins en sortent? les jeunes macareux viennent de la mer se poser sur le rivage?

6. Quest ce que les gens du village pourraient faire pour que les jeunes macareux natterrissent plus par erreur dans le village? Eteindre les lumires? prparer des botes? garder les chiens et les chats dans les maisons? illuminer le ciel laide de lampes de poche? 7. Explique comment Halla utilise sa lampe de poche pour secourir les macareux? ... 8. Explique comment Halla utilise les boites de carton pour secourir les macareux? ... 9. Daprs le texte, lequel des dangers suivant menace les jeunes macareux? ils risquent de se noyer en se posant sur la mer? ils risquent de se perdre dans les buissons? ils risquent de ne pas recevoir assez de poisson de leurs parents? ils risquent dtre crass par les voitures et les camions? 10. A laide de linformation tire du texte, explique pourquoi il faut quil fasse jour pour que les enfants librent les jeunes macareux? 11. Que font les jeunes macareux aprs que Halla et que ses amis les ont librs? ils marchent sur la plage? ils senvolent du haut de la falaise? ils se cachent dans le village? ils nagent dans la mer? 12. Indique deux sentiments que Halla pourrait prouver aprs avoir libr les jeunes macareux et explique pourquoi elle pourrait prouver chacun de ces sentiments? 13. Aimerais-tu aller avec Halla et ses amis secourir de jeunes macareux. A laide du

texte, explique ta rponse? Conclusion Ces valuations ne permettent pas dintervenir correctement au niveau pdagogique, dans les classes Parce quelles sont trop tardives: au mieux aprs 4 ans de primaire: les interventions prcoces sont les plus efficaces (Ehri, 2001) Parce quelles nvaluent que la comprhension crite, ne permettent pas de savoir quelle est lorigine des difficults de lecture des enfants: Difficults dIdentification des mots crits (prcision et rapidit)? Difficults de comprhension, en gnral, loral comme lcrit? Difficults dattention? 40 minutes pour rpondre aux questions dun texte NB lenfant doit lire 4 textes!!! Difficult de mmoire? Une nouvelle valuation: EGRA (Early Grade Reading Assessment, Banque Mondiale, comme PIRLS) EGRA: Lecteurs dbutants natifs (wolof) et non natifs (franais) (Report for the World Bank, Sprenger-Charolles, 2007)

Lecture (Nb Items par Minute) Comprhension (%) Sngal (Wolof) Orthographe (%) MSE Age * Autres * Mots Oral Ecrit

Mot-Context Mot-isolat Pseudomots Lettres Identification * Comptage Analy se phonmique (%) * Sngal (Franais) 100 90 80 70 60

50 40 30 20 10 0 Variables de contrle Lecteurs dbutants non natifs Apprentissage de la lecture en Franais ou en Anglais Analyse phonmique (%) Lecture (Nb Items par Minute) Comprhension (%) Orthographe (%) * MSE Age

Autres * Sngal (Franais) * Mots * Oral Ecrit * Mot-Context * Mot-isolat * Pseudomots

* Lettres * Identification * Comptage 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0

* Gambie (Anglais) Variables de contrle B. IDENTIFICATION DES MOTS et COMPREHENSION Finalit de la lecture: comprhension TOUTEFOIS la plupart des difficults dapprentissage de la lecture ne sont pas dues des problmes de comprhension. La matrise de la lecture ncessite en effet le dveloppement de capacits spcifiques, les capacits didentification des mots crits De plus le niveau de comprhension crite dpend du niveau de comprhension orale Comprhension crite et orale Relations entre comprhension crite et comprhension orale trs leves chez celui qui sait lire

De la comprhension lidentification des mots crits Les personnes en difficult face lcrit ont en gnral des difficults didentification des mots crits surtout ceux quils ne connaissent pas, par exemple (SOURCE INSEE, 2002): 87% lisent correctement chat 57% lisent correctement Moudan Effets du contexte sur lidentification des mots crits en fonction du niveau de lecture Tem ps m o y en d'identifica tio n (en m s) Temps didentification de mots prsents en isolat ou dans le contexte dune histoire chez des enfants de 5e anne du primaire en fonction du niveau de lecture (Perfetti et coll., 1979) Mots i sol s Histoi re 1100 1000 900

800 700 600 500 Bons le cte urs Moins bons l e cte urs Effets du contexte en fonction de lge West & Stanovich (1979) 700 Mean Word Reading Time (ms) 650 600 550 Congruous Context 500 No Context Incongruous Context 450 400

350 300 Fourth Graders Sixth Graders College Students C. INTRODUCTION: RESUME ENQUETES NATIONALES ET INTERNATIONALES LIMITES DES ENQUETES OCDE-PISA ET IEA-PIRLS NECESSITE DE METTRE EN PLACE DAUTRES MODES DEVALUATION TENANT COMPTE du niveau de comprhension orale et de lautomatisation des procdures didentification des mots crits BAISSE ROLE DU CONTEXTE DANS LIDENTIFICATION DES MOTS ECRITS EN FONCTION DE LAGE ET DU NIVEAU DE LECTURE AUTRES POINTS QUI PERMETTENT DE COMPRENDRE CERTAINES INCOMPREHENSIONS: TOUTES LES PUBLICATIONS NE SE VALENT PAS Voir le rapport de lexpertise collective INSERM Dyslexie, dysorthographie, Dyscaculie: http://ist.inserm.fr/basisrapports/dyslexie/dyslexie_synthese.pdf LA RECHERCHE EVOLUE SINON IL NY AURAIT PAS DE RECHERCHE : IL

FAUT TOUTEFOIS POUVOIR EXPLIQUER CE QUI A PERMIS CERTAINES EVOLUTIONS (IL NE SAGIT PAS DE MODES) PARTIE II APPRENTISSAGE DE LA LECTURE: APPROCHES COGNITIVES PLAN PARTIE 2 APPRENTISSAGE DE LA LECTURE: ECRITURE ALPHABETIQUE INTRODUCTION Les units de base de la langue crite Les automatismes dans lidentification des mots: comportemental & neuro-imagerie Les deux voies de lecture APPRENTISSAGE DE LA LECTURE Incidence de la transparence de lorthographe Importance de la procdure phonologique de lecture dans les dbuts de lapprentissage Place de la morphologie dans lapprentissage de la lecture Rle de la phonologie dans lapprentissage de la lecture Rle des mthodes CONCLUSION-RESUME

A. INTRODUCTION 1. Les units de base dun systme dcriture Peuvent avoir comme unit de base: la syllabe (Kana au Japon): autant dunits graphiques que de syllabes (ka, ki, ko, ku, ke) le phonme: Allemand, Espagnol, Franais, Anglais... Cas particulier de lArabe, et de lHbreu Consonne Voyelle = morphologie Chinois: morphme Unit qui a un sens MOT (morphme) MOT (morphme) Unit sans signification SYLLABE SYLLABE

PHONEME GRAPHEME LETTRE PHONOLOGIE ORTHOGRAPHE Unit sans signification 2. Les automatismes dans lidentification des mots: Donnes comportementales Effet stroop Tche: dire le nom de lanimal qui est sur limage Effet dinterfrence: diffrence entre situation contrle et les autres situation 1 Contrle

ibclth 2 3 Bruit visuel Lettres bateau 4 Catgorie smantique mouton 5 Mme catgorie Guttentag et Haith (1978)

Les automatismes dans lidentification des mots: donnes de neuro-imagerie Parviainen, Helenuis et al., 2006 a. symboles Visuels Distribution des Occipital activations chez Bilateral des lecteurs dbutants Noirs: Filles b. Lettres Blancs: Garons Occipitotemporal Gauche Lettres Temporal c. Gauche d. Droit

Activations: Amplitude et Dcours temporel 3. Les deux Voies pour identifier les mots crits Voie lexicale ou orthographique sappuie sur des units qui ont un sens: mots et morphmes Voie sublexicale ou par mdiation phonologique sappuie sur des units qui nont pas de sens : - les lettres ou suites de lettres qui transcrivent les phonmes - les syllabes crites qui transcrivent des syllabes orales dans les critures syllabiques ATTENTION La procdure sublexicale sautomatise rapidement : le lecteur expert peut identifier en quelques millisecondes des mots quil ne connat pas.

La procdure lexicale nest pas une procdure visuelle globale : le lecteur expert a accs, en quelques millisecondes, aux informations: - orthographique - phonologique - smantique contenues dans les mots crits Pratiquement tous les enfants commencent apprendre lire en recourant un systme alphabtique. Cest le cas en chinois, un pinyin, qui utilise lalphabet latin, ayant t introduit dans les annes 1970 en Chine continentale pour faciliter lapprentissage de la lecture pour TOUS. Ce systme est maintenant obligatoire dans les coles lmentaires, les caractres chinois ntant introduits que progressivement. Ce fait est un rvlateur des difficults rencontres par lenfant quand il doit apprendre lire dans une criture logographique, qui a pour unit de base les mots oraux. B. APPRENTISSAGE DE LA LECTURE

DANS UNE ECRITURE ALPHABETIQUE 1. INCIDENCE DE LA TRANSPARENCE DE LORTHOGRAPHE Consistance des correspondances graphme-phoneme (GPC) et phonme-graphme (PGC): voyelles (Peereman et Content, 1999) CGP (lecture) Anglais Franais 48% 94% CPG (criture) 67% 68% Consistance des CGP et des CPG selon la position en franais. Peereman, Lt, Sprenger-Charolles, 2007 CGP (lecture) Dbut de mot

Milieu de mot Fin de mot 96% 80% 92% CPG (criture) 91% 76% 45% Lecteurs dbutants monolingues (Anglais, Franais, Espagnol) English-Speaking Children 100 French-Speaking Children Spanish-Speaking Children 90 Accuracy (%)

80 70 60 50 40 30 20 10 0 Words Pseudowords Goswami et al., 1998 (7-year-olds) Words Pseudowords Bruck et al., 1997 (7-year-olds) A plus long terme Adultes normolecteurs anglais, franais et italiens (Paulesu, Dmonet et al., 2001)

850 800 CONTROL English 750 700 T L (m s ) CONTROL French 650 600 550 CONTROL Italian

500 450 400 WORDS PW Diffrences qualitatives: Goswami, Ziegler et al. (2001) Figure 5a. Lecture voix haute de Pseudomots homophones (vlau) ou non (vupan) Figure 5b. Dcider si un PM homophone (vlau) ou non (vupan) est un mot 100 90 100 Pseudo-homophones Controls (+) Controls (-) 90

80 80 70 70 A c c u ra c y(% ) A c c u ra c y(% )

Pseudo-homophones Controls (+) Controls (-) 60 50 60 50 40 40 30 30 English German English

German 2. IMPORTANCE DE LA PROCDURE PHONOLOGIQUE DE LECTURE DANS LES DBUTS DE LAPPRENTISSAGE donnes longitudinales (du dbut grande section la fin du CM1) Lecture & Ecriture: CP-CM1JECP, 2003 90 90 80 80 70 70 Rponses correctes (%) 100 Rponsescorrectes(%)

100 60 50 40 30 20 Mots Rguliers (table) Mots irrguliers (sept) Pseudomots (tople) 10 0 Milieu 1re Fin 1re Primaire Primaire Fin 2me Primaire Fin 3me Primaire Fin 4me

Primaire 60 50 40 30 20 Mots Rguliers (table Mots irrguliers (sep 10 Pseudomots (tople) 0 Milieu 1re Fin 1re Primaire Primaire Fin 2me Primaire Fin 3me Primaire

Fin 4me Primaire Lecture silencieuse (Sprenger-Charolles, Siegel & Bchennec, 1998, SSSR; Sprenger-Charolles, Siegel, Bchennec & Serniclaes, JECP, 2003) Catgorisation smantique: Items-test: Pseudomots drivs de mots frquents train, vlo Intrus Visuels: Intrus Phonologiques: troin, vla trin, vlau Remplissage: Mots Corrects avec mmes

caractristiques (frquence, longueur) que les mots utiliss pour construire les intrus. Suivi de choix orthographique: train-troin-trin Intrus phonologique (vlau) Intrus visuel (vla) SSSR, 1998a; JECP, 2003 Choix orthographique 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0

Choix Orthographique 100 90 Rponse correcte Choix de l'intrus homophone (vlau) Choix de l'intrus visuel (vla) 80 70 60 Rponses (%) Rponsescorrectes(% ) Lecture silencieuse (dcision smantique et choix orthographique) 50 40 30 20 10 0

Milieu 1re Primaire Fin 1re Primaire Fin 2me Primaire Fin 3me Primaire Fin 4me Primaire Milieu 1re Primaire Fin 1re Primaire 3. ENTRE UNITES LEXICALES ET SUBLEXICALES: LA MORPHOLOGIE - Unit de traitement: le mot ou le morphme: - par exemple, orthophonistes,

1 mot et 4 morphmes: ortho - phon - iste - s Distinguer 1: Les drivations: un nouveau mot compos par: X mots ou X parties de mots + prfixe et/ou suffixe Les flexions - nominales: marques du genre et du nombre - verbales: marques du temps, de la personne Diffrences oral-crit, en particulier en franais Flexions Flexions nominales et verbales pour le pluriel Franais: Les garons portent des pantalons longs Anglais: ? ? ? ? ? ? Espagnol: ? ? ? ? ?

? Autres flexions verbales /e/ chant(es), chantez, chantai, chantais, chantai(en)t Drivations Grand-Grandeur, Petit-Petitesse Consistance des CGP et des CPG selon la position en franais. Peereman et al. (2007) CGP (lecture) CPG (criture) Dbut de mot 96% 91% Milieu de mot 80% 76% Fin de mot 92% 45% Accuracy on Reading Aloud Suffixed Derived Words by Phonological Transparency and School Grade. Adapted from Mann and Singson (2003) 100

90 Accuracy (%) 80 Opaque Words 70 Transparent Words 60 Exemples en franais 50 Opaque: brun-brune 40 Transparent: Vol-vole

Grade 3 Grade 4 Grade 5 Grade 6 4. ROLE DE LA PHONOLOGIE DANS LAPPRENTISSAGE DE LA LECTURE Au tout dbut de lapprentissage, relations entre Rponses Correctes et Erreurs de rgularisation: sept lu comme septembre (Siegel & Kerr, 1996; Sprenger-Charolles & Casalis, 1996; Sprenger-Charolles, Siegel & Bchennec, 1998). Les bons dcodeurs prcoces (lecture de pseudomots) font des progrs plus rapides en lecture que les faibles dcodeurs, y compris pour la lecture de mots irrguliers pour la comprhension (Byrne, Freebody & Gates, 1992; Freebody & Byrne, 1988; Gough & Walsh, 1991; Jorm, Share, MacLean, Matthews, 1984; Sprenger-Charolles, Siegel & Bonnet, 1998; Sprenger-Charolles, Siegel, Bchennec & Serniclaes, 2003;

Stanovich & West, 1989) DONNEES LONGITUDINALES 1 Amlioration des scores en comprhension en lecture (Z scores) en 1 an pour de faibles lecteurs qui, au dpart, avaient Reading comprehension (Z scores) for - des scores relativement corrects en lecture de pseudomots (en rose) Poor Decoders and Poor Sight word - des scores relativement corrects en lecture data) de mots irrguliers frquents (bleu) readers (Longitudinal Byrne et al. (1992) (Daprs Byrne et al., 1992) Poor Decoders Poor Sight Word Readers 1 0,5

0 Grade 2 -0,5 -1 Grade 3 DONNEES LONGITUDINALES 2 (Daprs SprengerCharolles et al., 1998) 2 groupes en fonction du score de russite dans la tche de choix orthographique fin CE1 Les experts en orthographe (19 enfants): aucune erreur (10/10) Les faibles (7 enfants): 3 erreurs ou plus (sur 10) Futurs "Experts" en orthographe 100 90 80 70 60 50

40 30 20 10 0 Futurs "Faibles" en orthographe Niveau cognitif Niveau de Suppression Lecture de Ecriture de Lecture de Ecriture de non verbal vocabulaire

phonmique pseudomots pseudomots pseudomots pseudomots (CV) Rejet correct des Rejet correct de intrus intrus visuels en phonologiques dcision en dcision smantique

smantique Grande Section (Dbut) CP Milieu CP Fin Enfants de langue maternelle franaise recruts 5 ans (pas de dficit sensori-moteur et niveau cognitif verbal et non verbal dans les normes) 5 ans Lecteurs en dessous des normes 480 enfants 21 classes GSM Lecteurs dans les normes G1 G2 8 ans 10 ans 17 ans 52 45/52 revus 26/45 revus 101 44/101 revus 54 29/54 revus 23/29 47 Non vus 21/47

STABILITE DES DEFICITS EN LECTURE DANS LE TEMPS: classification correcte en tant que lecteur dans les normes ou en dessous des normes entre 8 et 17 ans 87% Sprenger-Charolles, Col, Bogliotti, et Serniclaes, in preparation Pourcentage des rponses correctes 5. RLE DES MTHODES (Braibant et Grard, 1996) 100 95 Comprhension Dcodage 90 85 80 75 70 65 60

55 50 MSC+ MSC- Enseignement du dcodage MSC+ MSC- Mthode idovisuelle C. CONCLUSION RESUME La facilit de lapprentissage de la lecture dpend de la transparence des correspondances grapho-phonmiques, qui est trs leve dans certaines langues (en espagnol) et trs faible dans dautres (en anglais), le franais occupant une position intermdiaire. - De fait, les scores de lecture les plus bas sobservent chez les anglophones, et les hauts chez les hispanophones.

Ces rsultats sexpliquent bien la lumire de ceux obtenus en franais. En effet, en milieu de CP, les scores en lecture de mots rguliers et de pseudomots ne diffrent pas et sont suprieurs ceux relevs pour les mots irrguliers (comme sept), alors trs faibles. En quelques mois (fin CP), le tableau se modifie fortement. Les mots rguliers sont alors mieux lus que les pseudomots, eux-mmes mieux lus que les mots irrguliers. Cela provient de ce que les mots rguliers bnficient la fois de la rgularit et de la frquence dexposition. Ni la frquence dexposition seule (mots irrguliers), Ni la rgularit seule suffisent (pseudomots) Les facteurs linguistiques induisent galement des diffrences qualitatives sur les procdures didentification des mots crits. Ainsi, la procdure lexicale est davantage utilise quand lorthographe est opaque, probablement pour compenser les difficults de mise en uvre du dcodage. Ce nest pas le cas quand lorthographe est plus transparente. Les tudes dans le domaine de la morphologie indiquent que, quelle que soit la langue, les enfants utilisent des units morphologiques

quand ils lisent. Toutefois cette capacit, qui ne semble sacqurir que progressivement, est sous la dpendance de facteurs phonologiques jusqu une priode relativement tardive. Enfin, quelle que soit la langue, cest la capacit de dcodage qui dtermine le succs de lapprentissage de la lecture, les meilleurs dcodeurs prcoces tant ceux qui progressent le plus, Ces donnes permettent de comprendre pourquoi 1. le dcalage entre apprentissage de la lecture et de lcriture est particulirement marqu en franais 2. lenseignement systmatique du dcodage est celui qui aide le plus efficacement les lves. 3. les prdicteurs les plus fiables de lapprentissage de la lecture sont les capacits danalyse phonmique Consquences Le dcodage grapho-phonmique a donc un rle crucial dans la dynamique dveloppementale. En consquence, tout dficit de cette procdure devrait entraner des difficults de mise en place du lexique

orthographique. Si, comme il est maintenant largement admis, les enfants qui souffrent de difficults spcifiques et svres dapprentissage de la lecture les dyslexiques prsentent des dficiences dans les traitements impliquant la phonologie (cf. Ramus, 2003 ; Snowling, 2000), le dcodage ne devrait pas se mettre correctement en place chez eux ni, par voie de consquence, la procdure lexicale. On ne devrait donc pas rencontrer de profils dissocis dans la dyslexie. 2007 PRINCIPAUX TRAVAUX TRAVAUX DE SYNTHSE Sprenger-Charolles, L. & Col, P. (2006). Lecture et Dyslexie: Approches cognitives. Paris, Dunod. Sprenger-Charolles, L., Col, P., & Serniclaes, W. (2006). Reading acquisition and developmental dyslexia. Psychology Press. PRINCIPAUX TRAVAUX DE RECHERCHE Comportemental Sprenger-Charolles, L., Siegel, L.S., & Bonnet, P. (1998). Phonological mediation and orthographic factors in reading and spelling. Journal of Experimental Child Psychology, 68, 134-155. Sprenger-Charolles, L., Col P., Serniclaes, W., & Lacert, P. (2000). On Subtypes of Developmental Dyslexia: Evidence from Processing Time and Accuracy Scores. Canadian Journal of Experimental Psychology. 197, 25-52. Serniclaes, W., Sprenger-Charolles, L., Carr, R., & Dmonet, J.F. (2001). Perceptual categorization of

speech sounds in dyslexics. Journal of Speech, Language and Hearing Research, 44, 384-399. Sprenger-Charolles, L., Siegel, L., Bchennec, D., & Serniclaes, W. (2003). Development of Phonological and Orthographic Processing in Reading Aloud, in Silent Reading and in Spelling: A Four Year Longitudinal Study. Journal of Experimental Child Psychology. 84, 194-217. Neuro-imagerie Dehaene-Lambertz, G., Pallier, C., Serniclaes, W., Sprenger-Charolles, L., Jobert, A., & Dehaene, S. (2005). Neural correlates of switching from auditory to speech perception. NeuroImage, 24, 21-33 Dufor, O., Serniclaes, W., Sprenger-Charolles, L., & Dmonet, J.F. (2007). Top-down processes during auditory phoneme categorization in dyslexia: A PET study. NeuroImage, 34-4, 1692-1707. BASES DE DONNES et BATTERIE DVALUATION DE LA LECTURE Bases de donnes Lt, B., Sprenger-Charolles, L., & Col, P. (2004). MANULEX: A lexical database from French readers. Behavioral Research Methods, Instruments and Computers, 36, 156-166. Peereman, R., Lt, B., & Sprenger-Charolles, L. (2007). Manulex-Infra: Distributional Characteristics of InfraLexical and Lexical Units in Child-Directed Written Material. Evaluations nationales (franais) Sprenger-Charolles, L., Col, P., Bchennec, D., & Piquard-Kipffer, A. (2005). French normative data on reading and related skills: From 7 to 10 year-olds. European Review of Applied Psychology, 55, 157-186 Evaluations internationales (Franais, anglais, wolof) Sprenger-Charolles, L. (2007). Results of 1200 Gambian children learning to read in English: EGRA (Early Grade Reading Assessment). Report for the World Bank (20 pages). Sprenger-Charolles, L. (2007). Rsultats denfants sngalais des trois premiers grades du primaires ayant appris lire en franais et en wolof: EGRA (Early Grade Reading Assessment). Report for the World Bank (20 pages).

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